LETTRE ADRESSEE AUX SINAGOTS

Mes chers amis.

Il y a un mois, notre petit livre : La Paroisse de Séné, vous faisait sa première visite. Depuis longtemps déjà il voulait vous causer, mais il se disait : « Comment serais-je reçu ; Il est si difficile aujourd’hui de faire quelque bien. » Que voulez-vous ? Tout nouvellement né, il ignorait qu’à Séné il y a beaucoup de bonne volonté quand il s’agit du bien à faire.

Enfin il est parti ; Puis le voici revenu, tout joyeux de sa première promenade. Il a parcouru la campagne, il a visité la côte, il a même traversé en « synagot » le golfe du Morbihan ; Chez le paysan, chez le marin, chez le pauvre comme chez le riche, partout il a été bien accueilli. Mais que de réflexions ; S’il pouvait dire tout ce qu’il a entendu… - de bien, naturellement -, car vous ne sauriez dire du mal de l’ami qui vient vous faire visite. Plus tard, pourvu que Dieu lui prête de vie, il vous racontera ses impressions de voyage. Aujourd’hui il n’a qu’un grand merci à vous dire pour le bon accueil que vous lui avez fait à votre foyer, et que vous continuerez à lui faire chaque mois : vous le traiterez, n’est-ce pas, comme votre meilleur ami. Nous osons l’espérer, puisqu’aujourd’hui il est heureux de vous dire : jamais ami ne fut mieux reçu que moi, j’ai été lu, relu, dévoré : les vieux et les vieilles ont rajusté leurs lunettes sur leur nez pour mieux lire ; Les enfants m’ont débité à haute voix ; Les parents m’ont écouté attentivement : tout le monde me connaît par cœur.

Oui, mes chers amis, lisez et relisez, chaque mois, ce petit livre écrit pour vous. Il vous apprendra à aimer votre paroisse, votre église, votre Dieu : il vous montrera le chemin qui conduit au ciel.

Il n’y a pas de paroisse comme la nôtre !

Vous avez raison, car Séné il se fait beaucoup de bien. Nous aurons occasion plus tard de vous parler de nos écoles chrétiennes de garçons et de filles, de la confrérie de Sainte-Anne pour les mères de famille, de la Congrégation de la Sainte-Vierge pour les jeunes filles, de l’œuvre des catéchismes dans chaque quartier de la paroisse, de l’assistance régulière à la messe le dimanche et mêmes les jours de la semaine, de la bonne volonté des hommes pour le chant des offices, des différentes dévotions en honneur parmi vous. Soyons fiers du bien qui se fait à Séné.

« Il n’y a pas de paroisse comme la nôtre ! « 

Hélas, vous avez encore raison, car à Séné, laissez-nous vous le dire, il se fait beaucoup de mal. C’est ce mal que nous viendrons attaquer chaque mois sous une forme ou sous une autre ; C’est ce mal que nous voulons détruire ; Ainsi nous ferons de vous tous sans exception des chrétiens sérieux, convaincus : alors seulement vous pourrez dire avec fierté et sans tromper personne :

« Il n’y a pas de paroisse comme Séné ! »

Extrait du Bulletin paroissial de février 1908